N’oublie pas qu’un saint est un pécheur qui cherche à s’améliorer

N’oublie pas qu’un saint est un pécheur qui cherche à s’améliorer

21 octobre 2019 0 Par La Rédaction

Je vous fais part d’un texte que j’ai trouvé très intéressant. Il s’agit d’un extrait d’une lettre de Nelson Mandela à son épouse de l’époque, Winnie Mandela. L’icône de la lutte contre l’apartheid l’a écrite 12 ans après son incarcération. La chute de ce texte est tout simplement excellente. 

Lettre à Winnie Mandela 

Le 1er février 1975, 

Tu t’apercevras sans doute que la cellule est un lieu parfait pour apprendre à se connaître et pour étudier en permanence et dans le détail le fonctionnement de son esprit et de ses émotions. Les individus que nous sommes ont tendance à juger leur réussite à l’aune de critères extérieurs, tels que la position sociale, l’influence, la popularité, la richesse ou le niveau d’éducation. Ce sont bien sûr des notions importantes pour mesurer sa réussite, et on comprend que beaucoup tentent d’obtenir le meilleur d’eux-mêmes sur ces points.

Mais d’autres critères intérieurs sont peut-être plus importants pour juger de l’accomplissement d’un homme ou d’une femme. L’honnêteté, la sincérité, la simplicité, l’humilité, la générosité, l’absence de vanité, la capacité à servir les autres -qualités à la portée de toutes les âmes- sont les véritables fondations de notre vie spirituelle. Mais cette réussite-là n’est pas accessible sans un travail d’introspection véritable et une connaissance de ses forces et de ses faiblesses.

La détention a au moins le mérite d’offrir une bonne occasion pour travailler sur sa propre conduite, corriger le mauvais et développer le bon que l’on porte tous en soi. La pratique régulière de la méditation, disons un quart d’heure chaque jour avant de se coucher, peut y être très utile. Il est possible que dans un premier temps tu aies du mal à identifier les éléments négatifs de ta vie, mais tu en seras récompensée si tu en fais l’effort régulier. N’oublie pas qu’un saint est un pécheur qui cherche à s’améliorer. 

Nelson Mandela. 

Source : MANDELA (Nelson),Conversations avec moi-même, Paris, Les Éditions de La Martinière, 2010

Seul face à lui-même 

Dans un courrier introspectif dans lequel Nelson Mandela nous révèle faire un travail de paix intérieure, de recherche de son identité intérieure, il se dévoile être un individu en permanence perfectible. La prison à eu de ça de bien pour lui, c’est qu’il a pu se retrouver seul face à lui-même. Dans cette isolation forcée, il a utilisé le temps pour apprendre non seulement de manière intellectuelle, mais aussi de façon spirituelle. La solitude lui a permis d’apprendre sur lui-même, sur ses faiblesses, ses défauts. 

Des fois nous nous retrouvons dans pareilles situations. Des circonstances qui nous poussent à gémir, ce qui est tout à fait normal. Mais cette lettre peut nous aider à se dire que nous pouvons utiliser nos déserts comme une école, une école de la vie, une école spirituelle. 

Les Psaumes sont une bibliothèque riche en passages de personnes passant par des moments de solitude extrême mais qui apprennent auprès de Dieu. David méditait jour et nuit en exil. C’est souvent le meilleur moyen que Dieu a à sa disposition pour nous enseigner, quand nous nous sentons seuls face à nous-mêmes. 

Je ne te demande pas de chérir le désert, mais de l’utiliser à bon escient. 

« L’Eternel sera toujours ton guide,
Il rassasiera ton âme dans les lieux arides,
Et il redonnera de la vigueur à tes membres ;
Tu seras comme un jardin arrosé,
Comme une source dont les eaux ne tarissent pas. » Esaie 58:11

Un pécheur qui cherche à s’améliorer 

Dans ce temps de désert, de prison, d’isolation, de privation de liberté, de solitude, Nelson Mandela a su profiter de sa condition pour méditer sur soi. Et dans cette quête il a compris n’être qu’un pécheur qui cherche à s’améliorer. Et toi, qui es-tu ? 

Souvent nous jugeons les saints, les condamnant à la moindre faute. Ne sont-ils pas simplement des saints en permanente amélioration ?