Ma terre promise, lieu de ma bénédiction

Ma terre promise, lieu de ma bénédiction

5 septembre 2019 1 Par Marc Blessing

Il est environ 3h du matin, on est le 22 mai 2008. La paisible ville étudiante de Wilhelmshaven en Allemagne est endormie. J’entends les bruits de la nuit à travers la fenêtre de ma chambre entrouverte. Je ne trouve toujours pas le sommeil. Et pourtant, la fatigue des examens de fin de semestre cumulée à plusieurs heures de lecture de la bible dans la journée se fait ressentir. J’ai faim, j’ai soif, j’ai chaud. En fait, je ne sais pas si c’est de la faim ou si c’est de la soif au sens physique. Je ressens juste un manque en moi que je ne saurai décrire avec des mots. Un mélange de solitude et d’incertitude grandit en moi. Des questions existentielles que je ne me suis jusque-là jamais posé tourbillonnent dans mon esprit. Je n’arrive pas à expliquer ce phénomène de l’ordre de la métaphysique que je viens de vivre.

Une visitation divine

Mais que s’est-il réellement passé ? Quelques heures auparavant, alors que je venais de lire plusieurs chapitres du livre de la genèse, j’ai reçu dans ma chambre une présence si glorieuse et si puissante que j’ai cru vivre les derniers instants de ma vie. Paradoxalement à la peur que je ressentais à cet instant, une paix finit par gagner mon âme. Poussé par cette force surnaturelle, je me laissais tombé par terre. Alors une voix se fit entendre dans mon esprit. Ce n’était pas ma propre voix intérieure.

Une autre voix, plus forte que la mienne me parlait à l’intérieur de moi. « Tu es aimé de Dieu. Tu es aimé du Père. Tu as été choisi pour restaurer les cœurs dans la maison de Dieu, pour relever d’anciennes ruines. Tiens-toi prêt, je reviendrai vers toi bientôt pour te dire où tu dois aller ». Quand cette présence me quitta, je me mis à pleurer sans comprendre pourquoi je pleurai. Ce n’est que plusieurs années après cet événement que j’ai compris avoir été visité par un ange de Dieu.

Ma réelle conversion

Je me suis converti quelques jours plus tard dans une église évangélique de la petite commune de Lilienthal dans la région de Brême. Un de mes compatriotes, « frère en Christ », m’invita dans cette assemblée dénommée « Centre chrétien Oasis », après que je lui racontai l’expérience que j’avais vécu dans ma chambre. Ce jour-là, un pasteur invité de Hambourg avait prêché un sermon qui relatait de manière précise ce qu’était mon histoire personnelle et répondait de manière pertinente aux interrogations que j’avais. Je compris à ce moment précis que ma vie serait dorénavant vouée à servir Jésus-Christ.

Ce prédicateur fit un appel à la prière devant l’autel. Je ne sus me lever. Une audace me poussa à dire à Dieu : « si telle est ta volonté pour ma vie, fais que cet homme vienne me trouver à ma place et qu’il prie pour moi. » Alors que j’avais les yeux fermés, une main s’est posée sur mon épaule. J’ouvris les yeux. C’était ce pasteur qui me disait : « Ne résiste pas à l’appel de Dieu ». J’ai alors pleuré toutes les larmes de mon corps, me sentant tellement sale et indigne de Dieu. Puis un sentiment de sainteté, de pureté m’envahit. C’était le premier jour du reste de ma vie.

Je vous raconte cette histoire assez intime pour vous parler d’un sujet que j’estime primordial pour servir Dieu efficacement. Il est important quand on sert Dieu d’avoir tôt ou tard une précision sur son identité spirituelle et de l’endroit où l’on doit servir. Cela permet de savoir comment ne pas aller au-delà de son champ de service quand on y est pas sollicité explicitement par son autorité spirituelle.

Un lieu de bénédiction nous est destiné

Une des causes de frustrations en milieu ecclésiastique, c’est le manque de repères quant à son domaine de compétence spirituelle. Rappelez-vous, plus haut dans ce texte, je vous relate les propos que je reçus au début de ma conversion. L’ange me dit : « je reviendrai bientôt vers toi pour te dire où tu dois aller. »

Au-delà de me faire savoir être connu de Dieu et d’être appelé à le servir, l’information significative revêtait un caractère géographique. Il y’avait un lieu qui m’était destiné pour servir Dieu. Un lieu où je serai pleinement béni. Un lieu où je prospèrerai. Un lieu où des ressources spirituelles et matérielles me seraient fournies pour m’épanouir. Un lieu où je serai enseigné et formé pour servir Dieu. Au moment voulu par Dieu, je serai tenu informé de ce lieu.

Il ne me restait plus qu’à attendre ma visitation. Il y a un lieu où nous sommes appelés à prospérer. Un lieu où des ressources spirituelles nous attendent pour répondre efficacement à notre vocation spirituelle. Un des buts de notre existence est d’être éclairé sur cette question.  

L’exemple d’Abraham

Rappelons-nous de notre bien aimé Abraham. Pour prospérer, il devait quitter une terre pour aller dans un territoire que L’Éternel avait choisi pour lui afin qu’il s’y établisse. Bien que ce territoire n’ait été « légalement » obtenu par sa descendance plusieurs siècles après lui, il pouvait déjà vivre l’opulence de ce pays, car dans le spirituel, la parole de bénédiction attachée à son appel en rapport à ce territoire prenait vie. Un épisode marquant de la vie d’Abraham sur la terre promise qui nous montre que notre patriarche avait la bénédiction territoriale sur sa vie est sa séparation d’avec son neveu Lot.

Lors de cette séparation, Lot choisit de demeurer dans la vallée verdoyante de Sodome où il y pensait pouvoir prospérer avec ses biens et sa famille, alors que Abraham prit simplement une direction opposée et plus rude. Cela n’a pas empêché à Abraham de continuer à s’épanouir. D’ailleurs peu de temps après cet épisode, Abraham reçut la visite de L’Éternel sous ses tentes. Lors de cette visite, il reçut de Dieu la promesse effective d’un enfant l’année suivante.  La terre où il s’était établi était son lieu de bénédiction et d’accomplissement dans les promesses de Dieu.

Mon lieu d’affectation

En ce qui me concerne, l’année qui suivit ma conversion, le Saint-Esprit me communiqua mon lieu d’affectation. Je m’y suis établi par la foi. Ce fut une folie pour ceux qui ne comprenaient pas ce que je faisais. Mais dans mon cœur, je gardais toutes ces choses pour moi. J’avais confiance en Dieu, me rassurant et me disant que même si je ne sais pas ce qu’il m’y emmenait faire, je savais qu’il avait un plan pour moi.

Dix ans plus tard, je ne regrette pas un seul moment d’avoir  obéi à la volonté de Dieu. Je me suis établi dans une assemblée où je reçus la formation spirituelle adéquate à mon appel. J’ai vu ma vie être transformée et j’y ai vécu de belles années. Malgré les épreuves et circonstances de la vie, la paix de Dieu me gardait, car je savais pertinemment être dans le lieu de ma bénédiction.

Un lieu spécifique

Qu’en cette nouvelle saison de rentrée,  je prie que tu aies la capacité de comprendre les données géographiques spirituelles de ton champ d’activité. Que le Seigneur te fasse visiter ta terre promise comme il l’a fait avec Abraham et t’y établisse pour que tu accomplisses sa volonté et t’épanouisse dans tous les domaines de ta vie. Ne dit-il pas que tout lieu que foulera la plante de tes pieds je te le donne ? N’oublie pas que l’expression utilisée par Dieu pour dire « tout lieu que tu fouleras » est adressée à Josué pour conquérir un « lieu spécifique » où il devait s’établir : Canaan !  Il ne s’agit pas  de tous les lieux de la terre qu’il foulera qui lui sera donné, mais un lieu géographique précis. Quelle est ta terre promise ?